De l’Ukraine à l’Iran, peut-on négocier avec Moscou sans considérer ses partenaires ?

 



Trump–Poutine : les pièces d’un puzzle stratégique inquiétant


Par A.G.Kapayo — Mainz, Germany
19 octobre 2026

En politique internationale, une décision ne s’arrête pas à la frontière du pays auquel elle s’adresse. Elle modifie des ressources, des dépendances et des rapports de force. Ses conséquences peuvent circuler dans tout un réseau de partenaires.

C’est sous cet angle que je m’interroge sur la politique de Donald Trump envers Vladimir Poutine. Lorsqu’une décision américaine réduit la pression sur Moscou, son bilan doit dépasser la seule relation entre Washington et le Kremlin. Il faut également considérer Pékin, Téhéran et Pyongyang.

La question est simple : en favorisant la Russie, Washington risque-t-il de renforcer indirectement des puissances qui contestent ses intérêts et ceux de ses alliés ?

Première pièce : la Russie appartient à un réseau stratégique

La proximité entre Vladimir Poutine et Xi Jinping est publique. Leurs rencontres et la coopération russo-chinoise témoignent d’une relation stratégique durable. Moscou entretient également des partenariats avec l’Iran et la Corée du Nord. Le soutien militaire iranien et nord-coréen à la guerre russe contre l’Ukraine est notamment dénoncé par le Conseil européen.

Ces pays ne constituent pas un bloc parfaitement homogène. Leurs intérêts peuvent diverger. Leurs engagements réciproques diffèrent aussi : le partenariat russo-iranien ne comporte pas la clause de défense mutuelle présente dans le traité russo-nord-coréen.

Mais ces différences ne font pas disparaître leurs coopérations. Une analyse stratégique doit examiner ce qu’elles permettent concrètement.

Deuxième pièce : les ressources économiques soutiennent les capacités militaires

Réduire la pression sur les recettes russes peut accroître la marge de manœuvre de Moscou. Des ressources supplémentaires peuvent soutenir la production militaire, les achats étrangers ou d’autres dépenses qui libèrent des moyens pour la guerre.

Cela ne signifie pas que chaque dollar gagné par la Russie sera transféré à un partenaire. Cela signifie qu’une puissance disposant de davantage de ressources peut mieux préserver ses engagements et ses échanges.

Le bénéfice indirect constitue donc un risque à évaluer, même lorsqu’aucun transfert particulier n’est démontré.

Troisième pièce : la contradiction des sanctions

La logique des sanctions portées par Lindsey Graham était de faire pression sur Moscou, notamment en pénalisant les achats étrangers d’énergie russe. Les dérogations accordées par Trump atténuent cette pression. Le décret invoque une faculté prévue par la loi : la contradiction est donc d’abord politique et stratégique, plutôt que nécessairement juridique.

Washington invoque la négociation et l’intérêt national. Mais une concession doit être jugée à ses contreparties : quels changements vérifiables obtient-elle de Moscou ? Réduit-elle les capacités de guerre russes, ou leur laisse-t-elle davantage d’espace ?

Quatrième pièce : les chaînes d’approvisionnement de l’Iran

Une liaison ferroviaire de fret relie la Chine à l’Iran, notamment par le Kazakhstan et le Turkménistan. Elle représente une option terrestre supplémentaire pour leurs échanges. Par ailleurs, des enquêtes documentent des approvisionnements depuis la Chine en composants à double usage destinés aux programmes iraniens de drones et de missiles.

Ces deux faits ne prouvent pas à eux seuls la cargaison de chaque train. Leur portée stratégique est néanmoins claire : l’Iran dispose de fournisseurs étrangers et de plusieurs voies d’approvisionnement. Sa capacité militaire ne peut pas être comprise en regardant uniquement ses usines ou son territoire.

Cinquième pièce : l’Europe supporte les conséquences

L’Ukraine se défend contre l’invasion russe avec l’aide de partenaires, dont l’Union européenne et ses États membres. Les décisions américaines peuvent faciliter cette défense ou la fragiliser.

Dès lors, la question dépasse le partage des dépenses au sein de l’OTAN. Elle concerne la confiance : les Européens peuvent-ils construire leur sécurité sur des engagements américains devenus plus incertains ?

Le puzzle impose une question de cohérence

Il serait peu crédible de supposer que ces partenariats publics échappent à la présidence américaine. Cela ne nous autorise toutefois pas à prétendre connaître exactement les informations, convictions ou calculs personnels de Trump.

La question la plus exigeante porte sur ses choix : quels risques accepte-t-il, pour quels gains, et aux dépens de qui ?

Si sa stratégie vise à éloigner Moscou de Pékin ou à obtenir une paix durable, elle doit produire des résultats observables. Si elle privilégie un avantage économique immédiat, il faut aussi en mesurer les coûts futurs.

Assembler les pièces du puzzle ne consiste pas à inventer un commandement unique entre ces puissances. Cela consiste à reconnaître leurs interactions.

Une politique présentée comme favorable à l’Amérique peut-elle renforcer les capacités de ses concurrents tout en fragilisant ses alliés ? En démocratie, cette question mérite une réponse publique, argumentée et vérifiable.

Renforcer la Russie tout en sachant que celle-ci offre des renseignements stratégiques à l'Iran par satellites qui tuent les soldats américain au moyen-orient impose une réflexion profonde sur la portée de cette mesure.

Renforcer la Russie tout en sachant que celle-ci collabore avec la Chine sur les alliances stratégique sur sa position en tant que puissance concurrente des USA pose des questions sur le sens du slogan “America-First” dont les MAGA adorent en signifiant que Trump travaille pour rehausser la puissance américaine.

Renforcer la Russie tout en sachant qu’elle travaille en collaboration militaire avec la Corée du Nord n’est pas un signal qui peut garantir les alliés des USA à travers le monde.

Renforcer la Russie qui aide directement l’iran á bombarder les intérêts américains est un signe de trahison pour les alliés américain au moyen, surtout si l’on ajoute que l’iran est le parrain des Houthis qui bombardent l’Arabie Saoudite qui est un allié américain depuis les accords de Kissinger et le Roi Fayçal , accord qui ont  renforcés  pendant plusieurs décennies la puissance du dollar américain à travers le monde.

Ignorer tous ces détails pour recevoir quelques litres de gasoil qui ne peuvent satisfaire les besoins des américains pour 18 heures pose la question de la nature du” Deal” d’un président américain qui fait face à une prochaine élection de Midterm dans 2 semaines.


Toutes ces questions me préoccupent et je me demande en quoi ignorer les intérêts des alliés des USA pendant plus de 81 ans dans l’OTAN et apporter l’appui d’une Russie qui aide et apporte son soutien directement ou indirectement à la Corée du Nord, les Houthis, l’Iran, la Chine va renforcer le prestige international d’un président américain ?

A.G.Kapayo depuis Mainz depuis ce lundi 19 octobre 2026



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