LA FAILLITE HÉGÉMONIQUE DE FELIX TSHISEKEDI EN RDCongo par Guy Kapayo
De l'État de droit à la force brute : La faillite hégémonique de Félix Tshisekedi en RDC
Introduction
L'exercice du pouvoir politique en République Démocratique du Congo (RDC) offre un cas d'école fascinant sur la fabrique, l'usure et la fragilité de l'hégémonie étatique. Pour comprendre les mutations profondes observées depuis l'accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, il est éclairant de mobiliser une lecture néo-gramscienne, inspirée des travaux de Robert Cox.
Ce cadre théorique enseigne qu'une hégémonie stable ne repose jamais sur un pilier unique, mais sur une articulation dynamique entre les capacités matérielles (la force), les idées (le consentement) et les institutions.
À l'épreuve du pouvoir, la trajectoire du régime congolais illustre un basculement progressif : de la séduction idéologique initiale à la coercition pure et dure.
Le premier mandat : L'onction du consentement et l'héritage des « Idées »
Lors de son premier mandat, l'arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi s'est appuyée de manière cruciale sur le pilier des idées, des récits et du consentement.
L'évocation constante de « l'État de droit » a résonné profondément au sein de la population congolaise.
Cette force d'adhésif politique ne venait pas de lui, mais portait l'héritage mémoriel et symbolique d'Étienne Tshisekedi, figure historique et constitutionnaliste de premier plan (Docteur en droit).
Par un consentement tacite et un immense espoir de rupture, les électeurs ont accordé une confiance totale au fils, voyant en lui le porteur légitime de cette promesse normative.
Promesses d'industrialisation et mirage de « l'Allemagne d'Afrique »
Cependant, l'épreuve des faits a rapidement dissipé le vernis programmatique. Félix Tshisekedi avait promis aux Congolais de transformer la RDC en « l'Allemagne d'Afrique », érigeant l'industrialisation de l'économie en priorité absolue.
Le bilan de ces promesses se solde aujourd'hui par un échec total. L'absence de transformation structurelle de l'économie a laissé place à une désillusion générale, fissurant irrémédiablement le pacte de confiance initial.
Sécurité nationale et impuissance militaire dans l'Est
Sur le plan sécuritaire, la faillite est tout aussi éclatante. La partie Est de la RDC subit une occupation et un pillage systématique de ses immenses richesses — notamment le coltan et l'or — par des forces étrangères, dont des pans de l'armée rwandaise.
Face à cette agression et à ce drame humanitaire permanent, Félix Tshisekedi s'est révélé incapable de restructurer, de discipliner et d'organiser une armée nationale forte et dissuasive pour libérer le territoire national, livrant les populations civiles à elles-mêmes.
Crise sanitaire : Le temps des voyages face à l'épidémie d'Ebola
Cette incapacité à gérer les crises structurelles s'est également illustrée sur le front sanitaire. Alors que la RDC fait face à une grave épidémie d'Ebola, le chef de l'État a multiplié les déplacements et les voyages extérieurs au lieu de piloter personnellement la coordination des opérations d'urgence et de soutenir la riposte médicale sur le terrain, renforçant le sentiment d'un pouvoir déconnecté des urgences vitales de la nation.
Le basculement hégémonique : Du consentement à la violence
Face à l'accumulation de ces échecs retentissants, les électeurs ont fini par douter profondément des capacités intellectuelles et managériales de Félix Tshisekedi. Lorsque le pilier du consentement s'effondre et que les idées ne suffisent plus à persuader, l'hégémonie politique vacille.
À l'approche de la fin de son second mandat, le président congolais ne cherche plus à convaincre ; sa seule obsession politique apparente est de vouloir modifier la constitution pour verrouiller son maintien au pouvoir.
Ne pouvant plus s'appuyer sur la légitimité populaire, le régime se replie sur le premier pilier du modèle de Cox : l'appareil coercitif et la force brute.
La répression, l'intimidation et la violence institutionnelle sont devenues les instruments privilégiés d'un pouvoir en quête de survie.
Conclusion
La trajectoire de la RDC sous Félix Tshisekedi démontre l'impasse d'un régime qui, ayant épuisé le crédit de ses promesses et la magie de ses slogans, bascule de la séduction démocratique à la contrainte autoritaire.
Entre la mémoire des luttes pour l'État de droit et la réalité d'un État fracturé, le pays fait face à un défi historique : restaurer des institutions légitimes capables de réconcilier la gouvernance avec les aspirations profondes de son peuple.c
Écriture inspirée par Guy Alimasi Kapayo , Resident RD Congolais de Mainz en Allemagne, ce dimanche 27 septembre 2026
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